Loi catalane sur le taxi : 600 VTC en moins et l'avertissement de Bruxelles
· 6 min de lecture · Équipe Taxio

En résumé : la nouvelle loi catalane sur le taxi poursuit son chemin au Parlement malgré l'avis de la Commission européenne du 24 août 2026, qui a gelé la procédure jusqu'au 28 septembre. Le texte veut réserver le service urbain au taxi et supprimer 600 des 990 licences VTC qui opèrent à Barcelone. Bruxelles n'a pas rejeté la loi, mais prévient qu'elle pourrait la porter devant la justice européenne si elle est adoptée en l'état.
Ce que propose la loi catalane sur le taxi
La proposition encadre le transport de voyageurs en véhicules de neuf places maximum et place le taxi au centre du système : elle le traite comme un service d'intérêt économique général, avec des obligations de service public (universalité, accessibilité, continuité) et le système de tarifs officiels.
La partie qui fait le plus de bruit, ce sont les licences. Selon Xataka, sur les 990 licences VTC qui opèrent aujourd'hui à Barcelone, 600 disparaîtraient et il en resterait environ 390 ; pour toute la Catalogne, il subsisterait environ 15 % des licences actuelles. Celles qui survivent pourraient continuer jusqu'à leur expiration : ce n'est donc pas un arrêt du jour au lendemain mais un retrait progressif, comme l'expliquait La Revista del Taxi.
Ce que Bruxelles a freiné (et ce qu'il n'a pas freiné)
Le 24 août 2026, la Commission européenne a rendu un avis qui gèle le texte au Parlement jusqu'au 28 septembre et oblige l'Espagne à communiquer les modifications qu'elle compte introduire. Selon Crónica Global, Bruxelles considère que, sur les services numériques, la norme européenne prime sur la norme catalane.
La distinction que fait la Commission est au cœur du dossier :
- Intermédiation verticale : les plateformes qui exercent une influence décisive sur le service, en attribuant les courses, en sélectionnant les chauffeurs, en fixant les conditions ou les prix. La Commission les considère comme faisant partie du service de transport, en s'appuyant sur l'arrêt européen Elite Taxi contre Uber (C-434/15). Là, la Catalogne peut réguler.
- Intermédiation horizontale : les plateformes qui se contentent de mettre en relation usager et transporteur sans organiser ni contrôler le trajet. Pour celles-ci, Bruxelles conteste qu'on puisse exiger une communication préalable fonctionnant comme une autorisation déguisée, car cela heurte le principe du pays d'origine de la directive sur le commerce électronique et le règlement européen sur les services numériques.
L'essentiel pour le secteur : l'avis n'annule pas la loi. Comme l'a titré La Gaceta del Taxi, Bruxelles n'a pas fait tomber la norme. Élite Taxi Barcelone soutient que l'avis ne remet pas en cause le modèle général de la norme et qu'il suffit d'adapter techniquement le volet des intermédiaires horizontaux. Ce que la Commission a bien précisé, c'est qu'elle pourrait ouvrir une procédure d'infraction devant la justice européenne si le texte est adopté sans changement.
Où en est la procédure
La loi avance depuis mars 2026, quand le Parlement a rejeté l'amendement de rejet global et décidé de poursuivre. Le calendrier dépend désormais de cette échéance du 28 septembre : ensuite, la commission Territoire doit débattre de l'articulé, et l'adoption paraît difficile avant la fin 2026.
Autrement dit : aujourd'hui, rien n'a changé dans la rue. Aucune licence n'a été retirée, il n'y a pas de nouveaux délais à respecter ni de démarche à faire. Il y a une loi en cours dont le calendrier a bougé.
Ce que cela change pour le chauffeur de taxi
D'abord, méfiance avec les titres. Entre l'Europe fait tomber la loi et les VTC disparaissent de Barcelone, il y a un terrain intermédiaire : c'est là que se trouve la réalité, celle d'un texte vivant, avec un avis européen au-dessus et un débat parlementaire devant lui.
Ensuite, le calendrier est long. Même si la loi était adoptée fin 2026, le retrait des licences serait progressif, au fil des expirations. Personne ne verra la demande changer d'un mois sur l'autre.
Enfin, la concurrence n'est pas que réglementaire. Pendant que cela se décide, le registre national continue de bouger : comme on le voit en regardant combien de licences de taxi il y a en Espagne, les autorisations de taxi baissent et les VTC montent dans tout le pays, pas seulement en Catalogne.
Comment Taxio gère ça
Taxio ne décidera pas de l'issue de cette loi, et ne le prétend pas. Ce qu'il fait, c'est vous donner le chiffre sur lequel se prennent vos décisions à vous : vous enregistrez chaque course avec la commission de sa plateforme et vos dépenses, et vous voyez votre moyenne réelle d'euros par heure et votre net, pas le brut. Si la concurrence change dans votre ville, c'est ce chiffre qui vous dira si elle vous touche vraiment ou si ce n'est qu'une impression.
Questions fréquentes sur la loi catalane du taxi
Quand la nouvelle loi catalane sur le taxi sera-t-elle adoptée ?
Il n'y a pas de date ferme. L'avis de la Commission européenne du 24 août 2026 a gelé le texte jusqu'au 28 septembre 2026, délai dans lequel l'Espagne doit indiquer les modifications qu'elle introduira. Ensuite, la commission Territoire du Parlement doit encore débattre du texte : une adoption avant la fin 2026 paraît difficile.
Que deviennent les licences VTC à Barcelone ?
La proposition de loi prévoit de supprimer 600 des 990 licences VTC qui opèrent à Barcelone, pour en laisser environ 390. Les autres pourraient continuer jusqu'à leur expiration. Pour l'ensemble de la Catalogne, selon Xataka, il resterait environ 15 % des licences actuelles.
Bruxelles a-t-il rejeté la loi catalane sur le taxi ?
Non. L'avis n'annule pas la loi : il met en cause des points précis sur les plateformes d'intermédiation horizontale et oblige l'Espagne à expliquer ce qu'elle modifie. Élite Taxi Barcelone estime que l'avis ne remet pas en cause le modèle général de la norme. La Commission prévient toutefois qu'elle pourrait ouvrir une procédure d'infraction si la loi est adoptée sans changement.
Quels chauffeurs de taxi la loi catalane concerne-t-elle ?
Ceux qui travaillent en Catalogne, et plus directement ceux de la zone urbaine de Barcelone, où se concentre l'essentiel des licences VTC visées. Hors de Catalogne, la norme ne s'applique pas, même si le secteur la suit de près car elle créerait un précédent réglementaire.
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